Art

Qu'il est bon de retrouver Mark Lanegan. Un an seulement après l'intime Imitations - son album de reprise - il revient gonflé à bloc avec un nouveau disque. Phantom Radio fait suite à l'ep No Bells On Sunday sorti quelques mois auparavant. Ces cinq titres annonçaient déjà un rock cryptique aux consonances électroniques. On retrouve les saveurs de Blues Funeral, album sorti en 2012 que je ne saurais vous conseiller. Vers l'infini et au delà ! On est parti s'aventurer dans l'univers du roi Lanegan.  

Ça transpire l'honnêteté 

Il y a des disques faits pour l'argent, d'autres pour le plaisir du partage ainsi que pour l'amour inconditionnel de son art. Mark Lanegan fait clairement parti de la deuxième catégorie. Je dis pas qu'il n'a pas l'intention de gagner sa vie avec ce disque mais, la musique qui s'en dégage semble assez honnête pour qu'on puisse foncer tête baissée au fin fond des entrailles de l'album. Lanegan est un mec qui vit avec son temps tout en restant un artiste singulier. Parrain d'une scène underground à succès avec les Screaming Trees, il a su faire grandir sa musique au fil des évolutions technologiques. Ne vous méprenez pas, Phantom Radio n'est pas à la pointe de la technologie. Il s'agit juste d'un album qui démontre que la musique n'a pas besoin d'être catégorisée pour exister. Pourquoi ne pas ajouter des synthés, des boites à rythmes et tout autres gadgets électroniques, si ils peuvent enrichir la palette sonore de vos créations ? Certes, ce n'est pas le premier à le faire mais, il le fait bien. Chaque instrument est à sa place, au service de la voix rauque de Mark Lanegan. Ce n'est pas non plus de la musique savante ou je ne sais quelles diableries. Lanegan ne rejette en aucun cas la musique pop comme le prouve "Harvest Home" ou encore les nappes électronisantes de "Floor Of The Ocean".

La Beauté

À travers cette sincérité se dégage une certaine beauté contemplative. Les morceaux ne sont pas des masterpieces - quoi qu'ils valent leur pesant de cacahuètes - mais mis bout à bout finissent par nous saisir en plein vol. On lâche toutes nos attaches terrestres pour s'envoler et admirer les paysages sauvages et sensibles peints par Mark Lanegan. Les émotions sont justes, pas de fioritures ou de paysages sonores indésirables. Si vous ne comprenez pas de quoi je parle écoutez "Waltzing in Blue" et "Judgement Time" et vous comprendrez.  Lanegan termine le voyage sur le percutant et complet "Death Trip to Tulsa". Un brut cocktail parfait pour nous faire redescendre dans le monde réel.

Phantom Radio n'est pas l'album de l'année mais, il reste tout de même très touchant et entraînant. Un album qui ne va pas s'imposer directement dans vos playlists mais qui finira tôt ou tard par attirer vos oreilles. Un album qui est bien plus évident qu'il n'y parait. Un album qui vous suivera un bon moment. 

La Note:

4