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"Après Franckfort, Berlin, Brighton, Londres, Sussex et Barcelone où va t-il poser ses valises pour son prochain album ?". Il aura fallu sept mois à Cristian Vogel pour nous répondre et c'est à Berlin que le prince du dub est retourné pour accoucher de son seizième album : Polyphonic Beings. L'anglo-chilien est toujours aussi discret. Pas de grosse promo autour de son disque (n'est-ce pas Mr.Richard D. James ?), juste un petit lien soundcloud sur sa page facebook. Une simplicité qui est toujours bonne à prendre dans cette boucherie qu'est la sur-communication. On est d'autant plus curieux car Cristian Vogel nous avait laissé pantois avec l'inssaisisable Eselsbrücke. Dans une veine plus ambiante et bruitiste, cet album avait de quoi mettre mal à l'aise notre écoute de singe savant. Mais alors, jusqu'où va t-il avec Polyphonic Beings ?

The Inertials v2.0

Cristian Vogel est clairement retourné vers le dubstep à l'anglaise. Il avait déjà rendu une très belle copie avec The Inertials en 2012. Autant vous dire que Polyphonic Beings pousse encore un peu plus loin le délire. Vogel va même jusqu'à réutiliser des sons entendus sur The Inertials. "McCaw's Ghost" est un peu la version dark et épurée de "Enter The Dub". Polyphonic Beings reste pourtant plus aéré que The Inertials. Les sessions rythmiques sont plus sèches et les synthés moins acides. Les effets sonores et la reverb sont maniés avec classe et intelligence. Point trop n'en faut, juste ce qu'il faut pour créer une ambiance de fin de soirée dans un club crasseux. Polyphonic Beings est une drôle de digestion entre The Inertials et Eselsbrücke. Même si les caractéristiques de The Inertials sont plus évidentes, on ressent assez bien le poids des travaux ambiants du musicien. "Society Of Hands 1" en est un magnifique exemple. 

Dub me deep

Depuis le début, je parle que de The Inertials ainsi que du reste des influences de ce disque. Il serait donc temps de dire ce que ce nouvel album apporte à la discographie de Cristian Vogel. La majeure partie de l'album est étonnamment énervée. "How Many Grapes Went Into That Wine" est particulièrement transcendant. Le rythme tribal et les d'effets sonores vocaux totalement décadents ont de quoi vous faire perdre la tête. Et ce n'est que le début de la tourmente. Le sentiment d'urgence dégagé par "Lost In The Chase" ne devrait pas vous laisser de marbre. Tout comme les aspects clubbing pour malades mentaux de "Forest Gifts".

Cristian Vogel délivre tout son savoir faire dans ce disque. L'aspect brut et ultra-rythmé du disque nous oriente vers un pan plus dur de sa musique. Certainement l'héritage de ses années techno. En tout cas, Polyphonic Beings fait énormément de bien. C'est pas évident à l'écoute (soyons honnête tout de même), mais avec un peu d'effort et de passion vous arriverez à déguster les saveurs multiples de Polyphonic Beings

La Note:

4